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Outre les interdictions publicitaires, le Programme National Alcool a brandi la menace de restrictions commerciales, en particulier au travers de la restriction de la vente de boissons alcooliques entre 21h00 et 07h00. L’exemple du canton de Genève a été cité, mais les auteurs ont oublié de préciser qu’aucune étude n’existe à ce jour démontrant les résultats pratiques de cette interdiction ! Si l’objectif d’une telle mesure est d’éviter la consommation excessive des jeunes, il est évident que ceux-ci n’auront aucun mal à faire des provisions avant l’heure de fermeture. Le volume et leur mode de consommation n’en seront aucunement modifiés. C’est d’ailleurs ce qui se passe en Espagne avec le phénomène du « botellón » : les provinces qui ont introduit des restrictions aux horaires de vente n’ont fait qu’anticiper le début des beuveries et n’ont en rien résolu le problème de fond.(1) Il est même à craindre des effets pervers d’une telle mesure, compte tenu de l’esprit de rébellion que les jeunes démontrent de manière croissante envers toute mesure imposée « par le haut ».
Donc, non seulement les restrictions d’horaires n’apportent aucune solution à la consommation excessive mais, en plus, ils pénalisent la vaste majorité de la population, qui a une consommation modérée et responsable. Les Suisses l’ont bien compris, qui se sont prononcés à 62% contre une restriction des horaires, dans un sondage conduit en été 2007 par l’institut de recherches bernois CBC. Et 68% estimait qu’une telle mesure n’empêcherait pas la consommation abusive des jeunes.
L’inutilité d’imposer des restrictions d’horaire est une opinion d’ailleurs partagée par … Thomas Zeltner lui-même, alors directeur de l'Office fédéral de la santé publique !!(2)
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Farnié Diego, « Le « botellón »: l'alcool hors les murs », Centre de recherche sur l'Espagne contemporaine, Université de la Sorbonne Nouvelle - Paris III, collection en ligne, 2006. |
| (2) |
Interview à SonntasBlick, 22 juin 2008. |
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